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« Individualisation croissante de la télévision »

L’avenir de la télévision sera principalement marqué par une tendance à l'individualisation de la consommation médiatique. Swisscable, l’association des câblo-opérateurs, en est convaincue. Hajo Leutenegger, son président, en a présenté les conséquences pour la télévision à l'occasion de la journée d'information du 7 novembre. Il a également commenté le lancement de Bluewin TV.

« Le lancement de Bluewin TV provoque un renforcement de la concurrence pour les câblo-opérateurs qui doivent maintenant lutter non seulement contre Swisscom mais aussi contre le satellite et la diffusion terrestre. Personne ne détient plus de monopole dans ce domaine. Cette situation est un défi qui nous pousse à nous concentrer sur nos forces. » C’est en ces termes que le président de Swisscable, Hajo Leutenegger, commente l’entrée de Swisscom sur le marché de la télévision. A titre de forces des câblo-opérateurs, il cite les années d’expérience dans le domaine de la télévision, la qualité audio et vidéo inégalée du téléréseau ainsi que la satisfaction des clients. Il évoque également les exigences de qualité élevées des clients TV suisses : « Nous ne savons pas encore si la télévision par la ligne téléphonique pourra satisfaire à ces exigences de qualité ». Dans ce contexte, la télévision haute résolution (HDTV), qui gagnera à l’avenir en importance, joue un rôle prépondérant. Selon H. Leutenegger, les réseaux des câblo-opérateurs sont d’ores et déjà prêts pour la HDTV. « Nous verrons si c’est également le cas de Bluewin TV. »

Une forte couverture et un ancrage local en guise d’avantages

L’importance de sa couverture est un autre avantage du câble puisqu’il touche plus de 90 pour cent de tous les foyers suisses. Pour sa part, Swisscom ne peut desservir qu'une partie des foyers avec Bluewin TV. En outre, dans les foyers raccordés, seule une partie des clients peut regarder la télévision tout en enregistrant une émission. De plus, un deuxième appareil ne permet ni d’enregistrer ni de regarder la télévision en différé. « Swisscom a construit une autoroute à une seule voie sur certains tronçons et à deux voies au maximum. Les câblo-opérateurs, quant à eux, disposent d’ores et déjà de plusieurs voies permettant d’utiliser plusieurs applications en parallèle, » explique H. Leutenegger. En guise de dernière force, il mentionne l’ancrage local et la proximité avec les clients des câblo-opérateurs : « Par nos offres, nous sommes proches des besoins des clients car nous les connaissons bien. »

Principale tendance à l'individualisation de la consommation médiatique

A l’occasion de la journée d’information, H. Leutenegger a également souligné le fait que l’individualisation de la consommation médiatique était la tendance primordiale de l’avenir de la télévision. C’est ce qui ressort de différentes études et expériences étrangères. « Dans quelques années, la télévision sera bien plus adaptée aux besoins individuels. On pourra s’abonner à des bouquets de programmes sur mesure conçus à partir d’une incroyable multitude de chaînes, » explique H. Leutenegger. Une consommation télévisuelle individualisée requiert principalement deux éléments : le passage à la télévision numérique et un cryptage de base des programmes.

« La télévision numérique offre une véritable valeur ajoutée »

Swisscable plaide en faveur d’un passage rapide à la télévision numérique. Mais quelles sont les conséquences de ce changement pour les clients du téléréseau ? H. Leutenegger cite quatre aspects :
Dans un premier temps, ce passage signifie que les clients pourront bénéficier des avantages de la télévision numérique : meilleure qualité audio et vidéo, offre de programmes plus importante et nettement plus riche et télévision plus individuelle. « Aujourd’hui déjà, la télévision numérique offre une véritable valeur ajoutée par rapport à la télévision analogique. Au cours de ces prochaines années, cette valeur ajoutée ne va cesser de croître avec l'introduction de la HDTV », estime H. Leutenegger.

Désactivation de programmes analogiques : différentes feuilles de route

Dans un second temps, un passage rapide à la télévision numérique provoquera une réduction de l’offre de base de programmes analogiques actuellement disponible. La raison en est la suivante : l’offre analogique est réduite en permanence afin de libérer de la place pour la riche offre numérique et développer ainsi la télévision individualisée. A partir de 2010, le câble ne proposera plus qu’une offre analogique limitée par rapport à celle d’aujourd’hui. La date et le choix des programmes désactivés dépendent des capacités du réseau et varient en fonction de chaque câblo-opérateur. EBLCom de Liestal et Sinergy Commerce SA de Martigny suivent ainsi différentes feuilles de route (cf. annexe I). H. Leutenegger insiste sur ce point : « Il est bien plus important d’avoir une information préalable détaillée du client par le câblo-opérateur qu’une feuille de route uniforme. Les clients peuvent ainsi comprendre l’évolution et, si besoin est, passer rapidement et simplement à l’offre numérique. »

Le boîtier décodeur, condition de la télévision numérique

Dans un troisième temps, la télévision numérique requiert un terminal pour la réception. Ce récepteur, un boîtier décodeur appelé « Settop-Box », permet d’afficher les images numériques sur le téléviseur. En général, il est possible de louer ou d’acheter ces récepteurs auprès du câblo-opérateur local (cf. annexe II). En ce qui concerne la consommation électrique des boîtiers décodeurs, H. Leutenegger précise que Swisscable a signé une convention avec l’Office fédéral de l’énergie. Cet accord prévoit de limiter la consommation électrique des boîtiers décodeurs en mode stand-by. « Nous recommandons à nos membres de n’utiliser que des boîtiers décodeurs répondant aux exigences du code de conduite européen applicable, » précise Hajo Leutenegger. Ce dernier prévoit par exemple qu’un boîtier décodeur ne doit pas consommer plus de 7 watts en mode stand-by actif.

La télévision numérique offre plus et coûte plus

Dans un quatrième temps, le passage à la télévision numérique et donc individualisée entraîne des coûts supérieurs par rapport à la télévision analogique et ce pour plusieurs raisons. Les coûts d’achat des programmes numériques ont augmenté à cause des diffuseurs de programmes des câblo-opérateurs qui exigent de plus en plus une rémunération pour leurs contenus. Ils espèrent ainsi compenser la baisse des recettes publicitaires et se lancer dans de nouveaux secteurs d’activité. « La télévision numérique est onéreuse parce que, de plus en plus, les programmes de qualité ne sont plus proposés que contre rémunération et non plus gratuitement », résume H. Leutenegger. Qui plus est, la télévision numérique offre en règle générale bien plus de programmes dans son offre de base que la télévision analogique. Cela pousse aussi les coûts à la hausse. Lors de la détermination des prix, les investissements infrastructurels, les boîtiers décodeurs et les rétributions des droits d’auteur doivent également être pris en compte.

« Il n’est pas réaliste d’interdire le cryptage de base »

La deuxième condition d’une individualisation de la télévision est le cryptage de base des programmes. Ce procédé vise à diffuser les signaux TV cryptés (encodés). Afin de pouvoir regarder la télévision, les signaux doivent être décryptés (décodés) par le récepteur. Là encore, c’est le terminal de la télévision numérique (boîtier décodeur ou Settop-Box) qui assure cette fonction.
Swisscable est favorable au cryptage de base qui permet de proposer aux clients des offres sur mesure. « A l’avenir, dans une mesure croissante, le client ne s’abonnera plus qu’aux programmes qu’il désire véritablement regarder et ne paiera plus que pour ceux-ci, » explique H. Leutenegger. De plus, les fournisseurs de programmes internationaux ont en général nettement tendance à opter pour le cryptage et la télévision payante (Pay-TV) ce qu’il faut aussi prendre en compte. En leur qualité de diffuseurs de contenus, les câblo-opérateurs doivent donc avoir la possibilité de proposer à leurs clients certains programmes payants. A l’inverse, les câblo-opérateurs doivent pouvoir offrir une sécurité contractuelle pleine et entière aux diffuseurs de programmes et leur garantir que les clients ne pourront accéder qu’aux programmes qu’ils ont payés. C’est le cryptage de base qui permet cela. « Sans ce cryptage de base, nous ne pourrons plus à l’avenir diffuser une offre de programmes élargie et individualisée. L’offre en résultant pourrait n'intéresser personne, » souligne H. Leutenegger. Autre point important : le cryptage de base permet également de lutter contre le problème de la piraterie et des redevances télévision impayées.
Et que pense H. Leutenegger sur l’intervention parlementaire de la conseillère aux Etats Simonetta Sommaruga visant à interdire le cryptage de base de la télévision numérique ? « Étant donné que nous évoluons dans un contexte international, il n’est pas réaliste d’interdire le cryptage en Suisse. » Il faut également prendre en compte le fait que Bluewin TV et d’autres futures offres d’IPTV seront également cryptés, et ce indépendamment de la concurrence qui sévit actuellement.


Swisscable

Swisscable est l’association économique des entreprises suisses de téléréseau. L’association regroupe environ 250 sociétés de câblo-opérateurs – aussi bien privées que publiques - desservant quelque 2,8 millions de clients et clientes.

Contact pour la presse de Swisscable

Dr Claudia Bolla-Vincenz, directrice
Tél. : 031 328 27 28, Mobile : 079 301 59 25
E-mail : info(at)swisscable.ch

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